Je suis allongé dans ma propre saleté sans presque pouvoir bouger. Mes articulations sont enflammées, mes pieds sont en sang. En Allemagne, près de 4 millions de petits veaux subissent le même sort que moi chaque année et combien de millions d’autres en France et dans le monde entier.
Nos mamans, que vous les hommes, appelez « vaches à lait », sont fécondées artificiellement une fois par an, pour qu’elles fournissent du lait sans interruption. Ce n’est pas nous, les petits veaux, qui recevons ce lait, mais ce sont les hommes qui se l’approprient. C’est pourquoi on nous sépare de notre mère peu de temps après notre naissance. Puis nous sommes enfermés dans des stalles en bois dans lesquels nous ne pouvons presque pas bouger. Jusqu’à notre assassinat, que vous nommez pudiquement « abattage », nous ne disposons pour vivre que d’une surface d’1 m2. Ceux qui nous engraissent maximisent ainsi leur profit. Pour remplacer le lait maternel nous recevons un liquide blanc et gras, fait de poudre de lait maigre, de suif, de graisse de baleine et de beaucoup de sel. En raison de cette grande quantité de sel, nous éprouvons constamment une horrible sensation de soif, et comme on ne nous donne pas d’eau, nous continuons à ingurgiter ce liquide trop salé. Ainsi, nous engraissons rapidement et atteignons à grande vitesse le poids voulu pour notre abattage. Tout au long de notre vie, qui est fort courte et remplie de solitude, nous ne voyons pas un seul pré verdoyant. Le soleil, nous ne l’apercevons pour la première fois que le jour où nous prenons le chemin de l’abattoir…